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On dit plus par ce qu’on fait que par ce qu’on dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau

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All your dice

All your dice are belong to us.

Mardi 4 janvier 2005

Catégorie : bande dessinée

Nombre de pages : 48

Langage : français et russe

Auteur(s) : Geneviève Castrée

Éditeur : L’Oie de Cravan

Année de parution : 2000

ISBN : 2-922399-06-0

 

Sur la couverture rigole une jeune fille aux oreilles de chat.

Une jeune fille se querelle avec elle-même, écoute de la musique seule, boit le lait qu’on lui livre, se blesse en buvant le lait d’une bouteille ébréchée dans la rue, se fait consoler par le laitier, fait l’amour avec lui, rêve qu’elle est une méchante femme qui transforme les chats en lait avant de le boire, boit du lait à une boum avec des chats, y retrouve le laitier qui ne lui parle pas et la regarde étrangement avant de prendre le visage de la méchante femme, tombe à terre et se fait ramasser par un chat à casque de motard, qui la laisse se reposer seule dans une pièce, vérifie qu’elle va bien, se débat avec elle pour la remettre en place, mais la jeune fille grandit, est trop grande pour passer à travers la porte, tourne sur elle-même avant de reprendre sa taille normale et de se hisser sur la chaise, de s’y prostrer tandis que lui parviennent la musique et le bruit des danses, des couples qui se rapprochent, la pièce se déforme, une vague finit par propulser la chaise en l’air, la fille est un chat, dans la rue la camionnette du laitier tue le chat, que ramasse la jeune fille désespérée.

 

Critique

Vous avez peut-être déjà utilisé cette technique pour vous faire écouter : vous baissez la voix tout en prenant un air intense. Vous ne vous répétez pas. Vous ne regardez pas vos interlocuteurs. Au bout de quelques instants, ceux-ci vont finir par vous remarquer et vous laisser la parole, incapables d’écarter la vôtre sans l’avoir entendue. C'est un peu comme ça que j'ai découvert Lait frappé sans vraiment y prêter attention, puis qu'il m'a intrigué et séduit.

Je n’ai pas capté l’intensité de Lait frappé dès la première lecture. Je l’ai acheté au festival d’Angoulême en 2000, alors que j’étais en mission commandée pour Le Populaire du Centre, un quotidien limousin. Je me souviens de discussions parfois intéressantes et parfois moins, je me souviens d’avoir beaucoup glané (de Julie Doucet à Alex Raymond), d’avoir beaucoup regardé. Je me souviens d’être retourné sur Limoges par un soir obscur et halluciné, la voiture ne quittant le brouillard opaque, blanchi par les phares, en grimpant sur une colline, que pour mieux y replonger vingt mètres plus loin. Je suis content d’avoir ramené de cette folle équipée barbue quelques souvenirs plus substantiels, dont cette bande dessinée que je relis rarement. Je ne sais pas pourquoi, mais les jeunes filles dépressives, c’est un grand requinquant.
par Cyril Pasteau publié dans : Ils ont aimé
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Mardi 4 janvier 2005

Catégorie : littérature surréaliste

Nombre de pages : 198

Langage : français

Auteur(s) : André Breton et Philippe Soupault

Éditeur : Gallimard (nrf)

Année de parution : 1920 (cette édition 1967)

 

Cette réédition des Champs magnétiques, la première depuis 1920, comprend également deux pièces de théâtre courtes, Vous m’oublierez et S’il vous plaît.

Les champs magnétiques sont une tentative d’« écriture automatique ».

Vous m’oublierez est un sketch dadaïste qui fut interprété par André Breton (il jouait le Parapluie), Philippe Soupault (Robe de Chambre), Paul Eluard (Machine à coudre) et T. Fraenckel (un inconnu).

S’il vous plaît est pareillement incompréhensible.

 

Critique

J’ai dû lire Les champs magnétiques en 1994. En parcourant le livre en 2005, j’ai découvert des passages soulignés de ma main à l’époque :

« Des femmes passaient et nous tendaient la main, nous offrant leur sourire comme un bouquet. (...) nos yeux pleins de vertiges (...) les aurores successives de la chair (...) A perte de vue les théories monstrueuses des cauchemars dansaient sans suite. (...) Il y a dans ce bois des fleurs pâles qui font mourir ceux qui les cueillent. (...) dans ces perles se nacrent tant d’aventures passées (...) J’ai vu tous les ports d’attente, les paysages passionnés. (...) la mer s’en va à la recherche de la lune (...) Chanteurs des rues, le monde est grand et vous n’arriverez jamais. (...) L’amour au fond des bois luit comme une grande bougie. (...) Un homme descend les marches du sommeil (...) Les noms perdent leurs visages. (...) un murmure de lune sèche »

S’ils vivaient de nos jours, André Breton et Philippe Soupault feraient fortune dans le marketing. Tu as un gros nez.

par Cyril Pasteau publié dans : Ils ont aimé
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Lundi 3 janvier 2005

Catégorie : cours de narration graphique

Nombre de pages : 16

Langage : français

Auteur(s) : Ludovic Pedrocchi

Éditeur : Editions A l’Arrache

Année de parution : 2004

 

Cette bande dessinée explore et redéfinit l’histoire de la musique à travers douze planches dans lesquelles Filipo et son ami le Poney deviennent musiciens avant de mourir. Les genres musicaux explorés sont, dans l’ordre : la musique classique, le jazz, la country, le rock’n’roll, la pop music, le hard rock, le disco, le reggae, le punk, la musique de variété, le hip-hop et la techno.

La couverture représente Filipo et le Poney en train de faire de la musique devant un panneau sur lequel est écrit « pour manger ». Y fait écho la quatrième de couverture où l’on voit, au loin, un porteur de képi, de menottes et de banane poursuivre Filipo et le Poney. Ceux-ci sont visiblement repoussés par la banane, effectivement peu appétissante (elle est toute noire).

Le coin supérieur gauche de toutes les cases de l’album est occupé par le soleil souriant, qui regarde la scène qui se déroule dans la case.

Les cinq premières cases de chaque planche sont consacrées à la découverte du genre par Filipo, soit seul, soit en compagnie du Poney. La sixième case est consacrée à la mort de Filipo et le cas échéant du Poney. Par un artifice scénaristique (autorisé par la fameuse « licence poétique »), Filipo et le Poney ne semblent pas rester morts durablement et ne gardent pas de séquelles de leurs décès des planches précédentes.

Site web des Editions A l’Arrache : http://editionsalarrache.free.fr

 

Critique

De toutes les oeuvres de Ludovic Pedrocchi, celle-ci est ma préférée. Certes, la simplicité éblouissante, la pureté du geste de Poney Scato est incontestable, de même que l’immensité satirique de la fable Filipo versus Poney. Mais Filipo Musik touche de près un sujet qui nous concerne tous et qui me touche profondément : notre coiffure. Chaque genre musical décrit est avant tout symbolisé par les coiffures et les chapeaux de Filipo et du Poney. Cheveux longs de hardos, bols à la Beatles, crêtes punks, etc. Et vous ? Et moi ? Quelle est notre coiffure et donc, quelle musique nous habite, qui sommes nous ?

Et puis il y a la mort, présente mais insaisissable. Filipo et le Poney s’en approchent, mais ne parviennent jamais à s’en satisfaire. Ils doivent tout le temps reprendre leur voyage, mûs par quoi ? je l’ignore. Leur instinct ? Leur volonté ? Leur raison ? Ne voient-ils donc pas qu’ils vont mourir ? Non, ils en semblent inconscients, sauf dans les cinquièmes cases, ces cases si douloureuses où, dans un bref instant, ils réalisent. Le regard direct qu’ils peuvent lancer à cette occasion est bouleversant au-delà de toute description. Dans la cinquième case de « Filipo Disco », par exemple, on comprend que Filipo et le Poney comprennent où ils sont, ce qu’ils font, où ils vont et même peut-être où nous, lecteurs, allons. Moment effrayant qui nous fait glisser le livret des mains, incapables de soutenir plus longtemps le regard de Filipo. Pourtant, la mort n'est pas triste, comme le reste de l'existence, elle est éclairée par un soleil jovial au sourire un peu benêt, un soleil qui voit tout, accepte tout et visiblement ne comprend rien.

Enfin, Filipo Musik est une formidable leçon d’amitié. Jamais, dans cet épisode de la saga filiponne, le Poney ne se retourne contre Filipo. Il partage ses joies comme ses peines, son herbe comme ses danses. Ce n’est pas encore le traître avide de pouvoir que nous découvrirons dans Filipo versus Poney. Certes, il n’est déjà plus l’être innocent qui dansait avant de déféquer dans Poney Scato, certes, il est déjà vénal (c’est lui qui fait engager Filipo au Blue Bar Country), mais il n’est coupable de rien. Filipo et le Poney vivent un moment précieux et fragile. Plus tard, l’argent, le pouvoir, les bas instincts du Poney, tout cela fera éclater cette belle amitié. Mais pour l’instant, elle est là, éternelle semble-t-il. Peut-être, bien plus tard, le Poney félon, dans ses moments de remords (car le Poney deviendra vil, et suffisamment vil pour avoir des remords et les écraser ensuite), évoquera-t-il pour lui-même cette époque bénie par la musique, le soir en buvant un martini en contemplant la ville endormie depuis la terrasse de sa forteresse bâtie sur l’impôt arraché au peuple du Beau Pays. Qui aurait pu prédire que le Poney finirait ainsi ? N’importe qui peut aimer la musique, n’importe qui peut être un Poney, n’importe qui peut faire le mal. Tout le monde peut être vil. (La référence politique à la guerre d'Irak dans la planche « Filipo Country » l’exprime clairement.)

Filipo Musik est aussi un symbole d’amitié parce que l’auteur m’a donné un exemplaire pour que je puisse l’offrir à ma soeur. Peut-être aussi, plus tard, Ludovic et moi deviendrons-nous d’aussi féroces ennemis que Filipo et le Poney. Après tout, nous avons dormi dans le même lit et Ludovic ronfle épouvantablement fort. Peut-être cet événement m’a-t-il traumatisé subtilement, mettant en branle une série d’événements qui aboutiront un jour à ma mainmise sur le destin de l’humanité. Peut-être alors Ludovic Pedrocchi se dressera-t-il contre ma tyrannie en me disant : « Souviens-toi de Filipo Musik ! » Pour notre avenir et celui de nos enfants, je l’espère de tout mon coeur.

Voilà, tu sais tout, Nathalie.

par Cyril Pasteau publié dans : Ils ont aimé
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Samedi 1 janvier 2005

Category: Phrasebook

Number of pages: 152

Language: Portuguese and English

Author(s): José da Fonseca & Pedro Carolino (edited by Paul Collins)

Publisher: The Collins Library

Year of publication: 1855 (this edition 2004)

ISBN: 1-932416-11-0

 

English as She is Spoke: Being a comprehensive phrasebook of the English language, written by men to whom English was entirely unknown features extracts from an infamous phrasebook. It was devised by a Portuguese man for the teaching of the Brazilian and Portuguese Youth which was unknowing of it. Because Pedro Carolino not know any much good English at the time being of the writing, he wizened man of letters used the José da Fonseca 1837 book Guide de le Conversation Française et Anglaise a French-English phrasebook to help himself, to no avail. The actual English title of his book was: The New Guide of the Conversation, in Portuguese and English, in Two Parts. The book became famous in 1869 when a reader of the Londonese journal Notes and Queries reported the happenstance of the book being used to teach children in Macao, which could explain every misunderstanding between Macao and Hong Kong in the years afterwards this fact.

The first and shortest part of the book is a vocabulary. Many everyday words like "flat-nose" or "vomitory" are presented. And because the Portuguese words are involvated too, the book is usable both in England and in Portugal.

The second part of the book gathers dialogues, anecdotes, idiotisms and proverbs both for everyday word-saying and for the edification of the spirit.

Review

This Carolino person was really unproficient in English phrasebook-making.

I on the other hand have one sister who is being gone once to Brazil. Add my fluency in English speaking and my perfect French and I indeed happen to know all three involvated languages in this "linguistic train wreck". But my Portuguese is not being as fluent as my English. Hitherto, I shall focus this review upon the chapter having been entitled "The French language". Carolino very smartly advised the readers of this phrasebook of him to drop it to learn French which is the supreme language:

"Then you learn the french language? You do well the french language becomes us all days too much necessary. What books have you there."

That is proof enough. This book is a must-read full of good advicing despite a few minor mistakes.

Plus, the reading of this book has been being advised to me by Greg Stafford in the 2004 Origins convention in Columbus, Ohio. And Greg Stafford is, like, very much intelligent and nice (though, oddly, he does not speak fluent French). And Greg Stafford give me a t-shirt then, too. If you advise this book to somebody please give him a t-shirt too. This way around, we can create a tradition, or maybe it is already being a tradition. Maybe I need to do give Greg Stafford's t-shirt to the next person I am advising the book onto. Anyways, it is XXXXL I think (it comes from the Midwest) so I could not wear it, nor Greg Stafford's who eats only tacos and burritos since he had himself having been moved to Oaxaca in Mexico. I have proudness of the tradition about English as She is Spoke.

I was aware already when I read this book that certain foreigners (unfrench people) do manage badly to understand and transmit the language of Shakespeare. I had seen the problem with the "Hungarian phrasebook" of the famous and very hilarious band of the Monty Pythons: remember the sentence "My hovercraft is full of eels." which was being used to buy a ticket to cancer. But since it took place in 1970 the problem is entirely discrepancied because of the Red threat from Hungaria at the time. Back in those days then, democracies really needed to defend ourselves against the Reds, and if it had to mean a few mistakes in phrasebook-making it was all too well understandably.

Learn French!

par Cyril Pasteau publié dans : Ils ont aimé
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Mercredi 29 décembre 2004

Catégorie : œuvre littéraire liée au jeu de rôle

Jeux : HeroQuest, Hero Wars et RuneQuest

Nombre de pages : 224

Langage : anglais

Auteur(s) : Oliver Dickinson (avec Michael O’Brien, préface de Greg Stafford)

Éditeur : Issaries, Inc.

Année de parution : 2001

ISBN : 1-929052-11-1

Code éditeur : ISS 4502

 

The Complete Griselda est un recueil de nouvelles consacré à une aventurière de Glorantha, le monde créé par Greg Stafford en 1966, qui sert de cadre à plusieurs jeux de plateau (décrivant les conflits de la passe du Dragon et de Prax) et de rôle (RuneQuest en 1978, Hero Wars en 2000, HeroQuest en 2003) et à un jeu informatique (King of Dragon Pass). Il prend place dans la cité de Pavis, ville mythique perdue dans les étendues dangereuses du pays de Prax. Il se déroule principalement dans les tavernes de Pavis, et généralement chez “Loud Lilina” (Lilina la Crieuse). Il met en scène une communauté d’aventuriers à la petite semaine et d’escrocs dominés par la figure de Griselda, une belle rousse petite mais féroce. Les arnaques perpétrées par Griselda et sa bande sont contées dans le détail par Olaf Dickinson, dit le Conteur, un pilier de bar à la langue bien pendue.

Les textes rassemblés ici sont parus dans six numéros du magazine White Dwarf (1982-1984), dans le supplément Pavis (RuneQuest, 1983), en tant que scénario dans Big Rubble (RuneQuest, 1983), dans trois numéros de Different Worlds (1986-1987), dans huit numéros de Tales of the Reaching Moon (1989-1993), dans un numéro de Green Slime (1988), dans Gloranthan Visions (le recueil de nouvelles inclus dans la boîte de luxe Hero Wars, 2000), dans le Convulsion Programme Book (1992), dans Peoples of Pavis (1996) et un numéro de Tradetalk (2001). Ils ont fait l’objet d’un premier recueil en 1993, The Collected Griselda. En tout, vingt-huit nouvelles sont présentées, accompagnées de bonus plaisants, comme ces chansons à la gloire de Griselda.

La connaissance de Glorantha n’est pas requise pour comprendre et apprécier les nouvelles. Une introduction du monde et de la cité de Pavis, complétée par deux cartes, permet d’apprécier tout le sel des références qui sont faites.

 

Critique

Griselda, ne lui parlez pas d’amour.

Au niveau de la mise en page, rien à dire : c’est aéré et beau d’une beauté simple.

Le style est un pastiche avoué des histoires sur Broadway de Damon Runyon (1880-1946). Cette littérature orale est très agréable à lire. On peut peut-être la comparer à celle de Papillon (Henri Charrière, 1969), en raison de la présence de termes argotiques (pas particulièrement obscurs au demeurant) et du cadre social criminel ou semi-criminel dans lequel évoluent les personnages. L’humour sans complications dans lequel se plaît le texte est rafraîchissant. La réunion inaugurale de la Ligue de Soutien et de Conseil Mutuels des Aventurières, par exemple, est désopilante.

La cité de Pavis offre vraiment un cadre idéal aux exploits d’aventuriers plus proches de Cugel l’escroc que de Conan le musclé. Pour moi, la station spatiale Deep Space Nine de l’univers de Star Trek est une déclinaison du même principe : une communauté qui est tantôt entre les mains d’une faction, tantôt entre les mains d’une autre, et où tous les ennemis héréditaires se côtoient sans se sauter dessus, en vertu d’un modus vivendi tacite ou explicite, ce qui aboutit à des situations savoureuses : les Lunaires font semblant de ne pas voir certaines choses, tout le gratin de Pavis assiste aux duels qui se déroulent hors de l’enceinte de la nouvelle cité, etc.

Certaines nouvelles sont très courtes, et d’une manière générale The Complete Griselda se lit difficilement comme un roman, d’une traite, mais plutôt comme un feuilleton avec ses personnages récurrents et ses fins convenues.

Pour un recueil de nouvelles écrites sur une si longue période, la cohérence de l’ensemble est surprenante, et ceci est dû à une excellente organisation des textes au début et à la fin du recueil. Avant de “rencontrer” Griselda, le lecteur en entend parler, et découvre Pavis. Puis vient l’héroïne, et nous sommes déjà conquis, nous la regardons évoluer avec affection, comme ces piliers de bar qui se mettent à parier sur ses chances de survie. Puis, après bien des aventures où le lecteur peut constater que la sauvagerie de Griselda tient surtout dans le regard et qu’elle peut se laisser attendrir ici et là, nous faisons un saut dans l’avenir, et rencontrons l’héroïne loin de Pavis. Là, elle raconte sa participation à un des événements marquants de la Guerre des Héros. Ce dernier entretien, qui n’est pas narré par Olaf Dickinson (l’alter ego de l’auteur), est baigné dans une ambiance crépusculaire : la “belle époque” de Pavis en tant que cité des aventuriers est finie. Il est temps de tourner la page… Allons, chantons quelques chansons à la gloire de Griselda, bien dans l’esprit de RuneQuest.

D’autant plus que, comme l’explique Oliver Dickinson dans son introduction, Griselda ne semble pas taillée sur un moule Hero Wars (ou a fortiori HeroQuest). Pour le fils de fermier qui constitue l’aventurier typique de RuneQuest, elle représente un idéal aventurier : respectée, vive, belle, insérée dans une communauté de durs à cuirs qui entretiennent entre eux une amitié qui n’a rien d’évident. Et apolitique : la “Cause” de la libération de Sartar, peut lui chaut. Mais pour Argrath, elle est juste un soldat un peu plus costaud que les autres. Voilà ce qui t’arrive, Griselda, pour avoir traîné chez Lilina au lieu d’aller chercher les petites croix. Ah, toute une époque.

par Cyril Pasteau publié dans : Ils ont aimé
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