Sous la pluie
Du matin
Jai fourbi
En mon sein
Les secrètes
Mélodies
Que ma tête
Étourdie
Ma prêtées
Aujourdhui
(Septembre 1995)

On dit plus par ce quon fait que par ce quon dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau
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Sous la pluie
Du matin
Jai fourbi
En mon sein
Les secrètes
Mélodies
Que ma tête
Étourdie
Ma prêtées
Aujourdhui
(Septembre 1995)
La nuit, silencieuse, engloutissait la ville. Presque personne ne se risquait dans les ruelles humides, sauf les sbires de lANCC qui patrouillaient dans leurs voitures rouges.
Jean se glissait dans les zones dombre lorsque les phares fantomatiques dune bagnole de lANCC crissèrent sur le bitume. Il se dirigeait vers un hôpital abandonné, ultime asile pour les parias comme lui. Là-bas, il retrouverait ses amis, la plupart diplômés de lESIDI comme lui. Il nétait quà un pâté de maison de la cachette lorsquil vit le danger pourpre et bruyant qui fonçait sur lui.
Il navait aucune possibilité de fuite, coincé contre un mur, aveuglé par lincendie des phares. Alors il savança hardiment. Les freins hurlèrent. De la bagnole surgirent deux agents de lANCC en uniforme rouge orangé.
Heureusement, son père lui avait prêté sa carte magnétique pendant sa convalescence. Son père, spécialiste international des gastéropodes auvergnats, était certain de conserver son travail. Jean brandit la carte. Mais lagent patibulaire auquel il lavait confiée, non content de lexaminer à lil nu, lemmena dans la voiture. Jean comprit quil était perdu. Le scanner détecterait la fine pellicule de zorzonium qui déréglait lidentificateur psychique.
Il tenta le tout pour le tout. Dun coup de pied bien placé il plia en deux lagent qui le surveillait, puis senfuit plus vite quil naurait cru possible. Sprint. Derrière lui, déclic. Éclair. Tonnerre. Mort.
Lagent rangea son flingue, satisfait. Il était payé au rendement. Un bac +3 sans travail valait une bonne prime à lAgence Nationale Contre le Chômage.
(1993)
Au plus profond dun désert blanc
Terre des chants de glace
Le soleil a disparu de la face des mers
La lumière survivante ne fait plus de bruit
Pas un son pas de vie lespace solitaire
Nul guetteur dans lair froid rien ne fuit
Alors de la toile du ciel en silence
Descendent les étoiles surs et le croissant de lune
Lentement ils sétendent dans la nuit
Et sur les dunes emplissent linfini noir de leur magie
Nul spectateur à lopéra de minuit
Lobscur a ouvert au cosmos
Une messe de poésie
(Novembre 1994)
Je secoue mon crâne en quête du craquement
Qui de ma fatigue tire son aliment
Je remue mon ventre à la recherche du gargouillis
Scolopendre
Je ponds le saint sacrement guttural
Ce que le commun appelle un rot
Je mange des patates et des jambon-beurre
Je bâfre des pâtes et je bouffe comme au seizième siècle
Ptêt bien que je suis un péquenaud de la planète Burp
Je métire les pattes comme si je débarquais tout juste de larche de Noé
Bonhomme je balade des yeux propriétaires sur tout ce qui traîne en cette basse terre
Je fais main basse sur une pomme et je baille à marracher la mâchoire
Et je me vautre dans des idées pas vraiment noires
Et jengueule le temps qui passe pas assez vite
Pour me faire digérer les orgies de clémentines et dandouillettes
(Décembre 1999)
Un matin glacé déployait ses splendeurs sur tous les horizons
La terre dune blancheur de noces scintillait damour
Le ciel bleu sévanouissait vers linfini sombre
Un bruit dair frais caressait la nature
Lor blanc abolissait lherbe
Lhiver souvrait au monde
Un peu de gel éternel
Un silence dâmes
Calme
(Mai 1994)