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On dit plus par ce qu’on fait que par ce qu’on dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau

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All your dice

All your dice are belong to us.

Vendredi 11 février 2005

Sous la pluie

            Du matin

J’ai fourbi

            En mon sein

Les secrètes

            Mélodies

Que ma tête

            Étourdie

M’a prêtées

            Aujourd’hui

 

(Septembre 1995)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Lundi 7 février 2005

La nuit, silencieuse, engloutissait la ville. Presque personne ne se risquait dans les ruelles humides, sauf les sbires de l’ANCC qui patrouillaient dans leurs voitures rouges.

Jean se glissait dans les zones d’ombre lorsque les phares fantomatiques d’une bagnole de l’ANCC crissèrent sur le bitume. Il se dirigeait vers un hôpital abandonné, ultime asile pour les parias comme lui. Là-bas, il retrouverait ses amis, la plupart diplômés de l’ESIDI comme lui. Il n’était qu’à un pâté de maison de la cachette lorsqu’il vit le danger pourpre et bruyant qui fonçait sur lui.

Il n’avait aucune possibilité de fuite, coincé contre un mur, aveuglé par l’incendie des phares. Alors il s’avança hardiment. Les freins hurlèrent. De la bagnole surgirent deux agents de l’ANCC en uniforme rouge orangé.

Heureusement, son père lui avait prêté sa carte magnétique pendant sa convalescence. Son père, spécialiste international des gastéropodes auvergnats, était certain de conserver son travail. Jean brandit la carte. Mais l’agent patibulaire auquel il l’avait confiée, non content de l’examiner à l’œil nu, l’emmena dans la voiture. Jean comprit qu’il était perdu. Le scanner détecterait la fine pellicule de zorzonium qui déréglait l’identificateur psychique.

Il tenta le tout pour le tout. D’un coup de pied bien placé il plia en deux l’agent qui le surveillait, puis s’enfuit plus vite qu’il n’aurait cru possible. Sprint. Derrière lui, déclic. Éclair. Tonnerre. Mort.

L’agent rangea son flingue, satisfait. Il était payé au rendement. Un bac +3 sans travail valait une bonne prime à l’Agence Nationale Contre le Chômage.

 

(1993)

par Cyril Pasteau publié dans : Poésie
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Jeudi 3 février 2005

Au plus profond d’un désert blanc

Terre des chants de glace

Le soleil a disparu de la face des mers

La lumière survivante ne fait plus de bruit

Pas un son pas de vie l’espace solitaire

Nul guetteur dans l’air froid rien ne fuit

Alors de la toile du ciel en silence

Descendent les étoiles sœurs et le croissant de lune

Lentement ils s’étendent dans la nuit

Et sur les dunes emplissent l’infini noir de leur magie

Nul spectateur à l’opéra de minuit

L’obscur a ouvert au cosmos

Une messe de poésie

 

(Novembre 1994)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Lundi 31 janvier 2005

Je secoue mon crâne en quête du craquement

Qui de ma fatigue tire son aliment

Je remue mon ventre à la recherche du gargouillis

Scolopendre

Je ponds le saint sacrement guttural

Ce que le commun appelle un rot

 

Je mange des patates et des jambon-beurre

Je bâfre des pâtes et je bouffe comme au seizième siècle

P’têt bien que je suis un péquenaud de la planète Burp

Je m’étire les pattes comme si je débarquais tout juste de l’arche de Noé

Bonhomme je balade des yeux propriétaires sur tout ce qui traîne en cette basse terre

Je fais main basse sur une pomme et je baille à m’arracher la mâchoire

Et je me vautre dans des idées pas vraiment noires

Et j’engueule le temps qui passe pas assez vite

Pour me faire digérer les orgies de clémentines et d’andouillettes

 

(Décembre 1999)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Dimanche 23 janvier 2005

Un matin glacé déployait ses splendeurs sur tous les horizons

La terre d’une blancheur de noces scintillait d’amour

Le ciel bleu s’évanouissait vers l’infini sombre

Un bruit d’air frais caressait la nature

L’or blanc abolissait l’herbe

L’hiver s’ouvrait au monde

Un peu de gel éternel

Un silence d’âmes

Calme

 

(Mai 1994)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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