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On dit plus par ce qu’on fait que par ce qu’on dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau

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All your dice

All your dice are belong to us.

Vendredi 24 décembre 2004

Le temps souffle sur la vie

Le temps efface nos envies

 

Une heure c’est vite passé

As-tu vécu durant cette heure ?

As-tu connu l’amitié

 

Et le temps ne passe plus

L’homme ne joue plus

La femme n’enfante plus

Personne ne meurt plus

 

Nous sommes riches, infiniment vieux

Et nous faisons du sport et nous écoutons Mozart

Pour la milliardième fois

Mais avons-nous encore la foi

Pour forcer les portes de la perception

Pour risquer notre peau pour cueillir une fleur ?

 

Buvons, amis !

Buvons mais pourquoi donc agiter nos dives lèvres

Pour invoquer les mérites du gros rouge

 

Nos corps sont parfaits, nos fortunes immenses,

Nous connaissons l’amour et nous sommes intelligents

Alors que regrettons-nous ?

 

Regrettons-nous les guerres et les massacres ?

Regrettons-nous l’inégalité et les risques insensés ?

 

Nos vies sont devenues des autoroutes vers l’avenir

 

Que cherchons-nous si ce n’est l’aventure

Et le frisson inattendu sur l’échine

Oh Dieu que le temps est long

 

(Avril 2000 et mai 2001)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Vendredi 24 décembre 2004

Noël tu pleures dans la vaste nuit, des gens se confient

Une dame chante son désespoir et son humanité, un homme continue de refuser la réalité

Une femme pare l’ennui d’une bretelle d’envie, je pèle des fruits

La maison est noire et les flammes achèvent de consumer

La bûche sèche comme l’été qu’on oublie

Foire de suie

Nous sommes riches à l’infini des yeux qui nous ont souri

Nous sommes pauvres dans l’hiver froid de ceux qui ont péri

Nous avons le foie gras et nous avons le bon droit

Nous vivons dans un cocon heureux comme des rois

Loin de la misère nous dînons dans le rire

 

(Décembre 1999)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Jeudi 23 décembre 2004

C’est minuit l’heure du crime

Du whisky des poèmes  L’abîme

Sous la ville qui rêve

Quelques cauchemars rongeurs se sont éveillés

Ont grondé au fond de ma tête

Il faisait chaud j’ai ouvert la fenêtre

Je dis tout cela à la lueur des songes

Maintenant j’entends naître une rumeur

L’infini coule jusqu’à s’étouffer

Au seuil d’un cercueil d’idées

La nuit a une tumeur ici bas

Pas un souffle je ne comprends rien

Quelle est cette voix qui me dit Viens ?

Il y a une chaise et des fumées noires

Depuis combien de temps suis-je assis

Ici dans la poche du monde

À faire la ronde dans mon cerveau ?

Je vois la fenêtre Ouverte

Sur la chambre obscure et sur la rue proche

Et je ne sais plus trop qui je suis

Il n’y a pas d’air et je contemple le train de la nuit

C’est tranquille ici  Il y a un verre dans ma main

Et entre les immeubles paisibles dans les ténèbres

Des tapis de couleur funèbre

 

C’est l’heure des assassins.

Et si j’allais tuer quelqu’un ?

 

(Août 1994)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Mercredi 22 décembre 2004

Le soleil est jaune et le ciel est bleu

Mais l’œil n’est pas bleu

L’œil, il est gris

Morose, affairé, infini

L’œil s’ennuie

 

(Septembre 1995)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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Mercredi 22 décembre 2004

Quand l’image balance et se fêle et s’efface

Et que les choses cassent et qu’on devient hagard

Et qu’on devient aveugle ce n’est pas un hasard

Dans ce dernier regard on ne voit plus d’espace

 

Et avant de sombrer dans le on ne sait quoi

On se voit et on est le cœur de l’univers

Et on voudrait savoir ce qu’il y a derrière

L’image qui se brise et la question pourquoi

 

Peut-être a-t-on dansé peut-être est-on malade

Et peut-être est-ce un rêve ou une rigolade

Et on voudrait ôter le masque sur les yeux

 

Pour contempler en face ce qui s’avance dans l’ombre

On voudrait tant savoir est-on dément ou vieux

Oui on voudrait savoir tout cela ; mais on sombre

 

(Janvier 1995)

par Tous A Babylone publié dans : Poésie
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