
On dit plus par ce quon fait que par ce quon dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau
| Novembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | |||||||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ||||
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | ||||
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | ||||
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | ||||
|
||||||||||
Y.L. (pour skier) : Cest plus efficace comme ça.
C.P. : Lefficacité, cest pour les faibles.
Y.L. : Cyril, tu sais parler anglais ?
C.P. : Oui, je parle anglais.
Y.L. : Bravo, tu peux aller passer laspirateur.
A.G. : Quest-ce qui tarrive Cyril ? Tu ne dis rien.
C.P. : Jétais en communication avec ma conscience qui demeure dans une autre galaxie, derrière le Nuage de Magellan.
G.L. : Oui, Cyril.
S.P. : Cyril, tu es mon ami ?
C.P. : Non, je ne sais pas parler anglais.
S.P. (sortant le rosé) : Comme tu veux...
C.P. : Tu es mon ami.
R.L. : Je suis le dinosaure qui mange luf.
A.G. : Mais tu es fou Ronan ! Tu es sorti sans te couvrir !
R.L. : Je suis loviraptor. Je mange luf !
Y.L. (en voiture) : Mais quest-ce quil a à se traîner à 30 km/h celui-là ? Je parie quil na pas assez de chevaux.
C.P. : Sale pauvre !
Y.L. : Le système antipollution vient de tomber en panne. La voiture consomme plus dessence et pollue plus.
C.P. : Salaud.
C.P. : Daprès mes calculs, nous avons fait un long voyage aujourdhui.
G.L. : Cest quoi un long voyage par rapport aux années-lumières du Nuage de Magellan ?
C.P. : Je parle par rapport à vos consciences de mortels.
G.L. : Oui, Cyril.
C.P. : Il y a 78% de chances que la voiture de Yannick ait connu un incident mécanique aujourdhui.
G.L. : Il y a 50% de chances que tu termines le voyage à pied. Parle, pour retarder léchéance !
A.G. : Ah, il ne dit plus rien...
C.P. : Je fais un update avec le Nuage de Magellan. Sil vous plaît ninterrompez pas la liaison.Cest regarder les goutelettes ramper frénétiquement le long de la vitre de la voiture.
Cest prendre son pied à sauter de gigantesques bosses de trente centimètres de haut.
Cest faire des zigzags en tire-fesses en sefforçant de dépasser les traces de ski existantes.
Cest se laisser glisser dans la poudreuse en écoutant la neige chuinter.
Cest chantonner en tire-fesses des fredaines de juke-box sans queue ni tête.
Cest, seul sur le télésiège, relever les numéros des pylônes qui défilent et des télésièges qui redescendent la montagne, et sen servir comme bases pour de savants calculs.
Cest le silence de la montagne.
Cest, à larrêt, tracer des figures dans la neige avec son bâton de ski, comme ça et aussi pour expliquer de grandes questions physiques et mathématiques.
Cest le chocolat chaud dans le chalet, et en reprendre sans scrupules.
Cest une raclette si pantagruélique quelle laisse le ventre gonflé et remuant du bonheur de la satiété durant la moitié de la nuit.
Cest siroter un chianti jusquà minuit.
Cest trinquer avec un petit bout de chou qui comprend juste que trinquer cest un petit geste rituel damitié, et qui en redemande.
Cest manger, discuter et jouer avec les amis.
Cest regarder une neige épaisse et rapide filer dans lespace nocturne au-dessus de la voiture, comme une vision dhyperespace.
Cest du sommeil avec plein de rêves.
Je me trouve dans une pièce grise. Je suis emprisonné à une chaise et jy suis pendu. Je sens mon souffle diminuer petit à petit (ça se passe bien, mon visage ne tourne pas au violet) jusquà ce que je nexpire plus du tout : je suis mort. Je me lève, jinspire de lair dans mes poumons vides : ça me fait mal. Puis ça va mieux, je me tourne vers mes compagnons de pendaison toujours attachés à leurs chaises (leur corps est immobilisé par dépaisses menottes), pour les délivrer ; ils supportent mal la mort et souffrent de respirer. Pas de respiration en moi.
Je me sens sur le point de mourir, je me sens mourir. Cest effrayant.
P.R. : Mais cest quoi, le subjonctif de moudre ? Que je moude ? Que je moudasse ?
C.P. : Que je moule ?
P.R. : Jarrête pas dy penser...
O.C. : Faut pas rester comme ça, sinon on va devenir fous. (téléphone) Michaël, tu vas bien ? On a une question super importante à te poser avec Patrick. On sait pas comment conjuguer le verbe moudre au subjonctif. (...) Attends, je vais appeler mon père. (téléphone) Jai pas réussi. Je vais peut-être réussir à joindre ma sur...
O.C. : Maud, tu peux mettre le chauffage à larrière sil te plaît ?
C.P. : La chaleur, cest pour les faibles.
V.V. : On va faire une pause pipi dans deux minutes.
C.P. : Les pauses pipi, cest pour les faibles.
O.C. : Tu écris dans le noir. Tu nas pas besoin de lumière ?
C.P. : La lumière, cest pour les faibles.
C.P. : Oh, cest la pleine lune. (...) Grrr, grrrr, grrrrrrr ! (frénétique, attaque à coups de doigts lépaule de Tower) Haribo... Cookies...
P.R. : Tes pas dans un jeu de rôle Cyril.
V.V. : Il y a des panneaux à gauche et à droite, je fais comment ?
C.P. : Cest du bluff ! Va tout droit !
M.B. appuie sur le klaxon.
V.V. : Taïaut ! Poussez-vous les lapins !
M.B. va acheter des cigarettes.
M.B. : Cétait en train de fermer. La dame a été très gentille.
V.L. : Elle ta reconnu à ton accent.
M.B. : Jai pas daccent je suis Parisienne.
V.V. : Elle ta reconnu à ton odeur. Tu sens pas la Charentaise.
M.B. dans la maison.
M.B. : Tu sors, Olivier ?
C.P. : Pourquoi, tu veux aller en boîte ?
M.B. : Cest pour savoir si je peux prendre ton manteau, Olivier.
C.P. : Les manteaux, cest pour les faibles.
O.C. : Tu as lu quoi récemment Cyril ? Nietzsche ?