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On dit plus par ce qu’on fait que par ce qu’on dit. Les actes sont probants. Tout le monde peut dire des choses magnifiques. Suzanne Pasteau

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All your dice

All your dice are belong to us.

Dimanche 27 février 2005
Y.L. : Tu parviens à faire du bon café maintenant. Hmm tu deviens dangereux pour moi. Je vais être obligé de te tuer.
par Cyril Pasteau publié dans : Souvenir
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Dimanche 20 février 2005

Y.L. (pour skier) : C’est plus efficace comme ça.

C.P. : L’efficacité, c’est pour les faibles.

 

Y.L. : Cyril, tu sais parler anglais ?

C.P. : Oui, je parle anglais.

Y.L. : Bravo, tu peux aller passer l’aspirateur.

 

A.G. : Qu’est-ce qui t’arrive Cyril ? Tu ne dis rien.

C.P. : J’étais en communication avec ma conscience qui demeure dans une autre galaxie, derrière le Nuage de Magellan.

G.L. : Oui, Cyril.

 

S.P. : Cyril, tu es mon ami ?

C.P. : Non, je ne sais pas parler anglais.

S.P. (sortant le rosé) : Comme tu veux...

C.P. : Tu es mon ami.

 

R.L. : Je suis le dinosaure qui mange l’œuf.

A.G. : Mais tu es fou Ronan ! Tu es sorti sans te couvrir !

R.L. : Je suis l’oviraptor. Je mange l’œuf !

 

Y.L. (en voiture) : Mais qu’est-ce qu’il a à se traîner à 30 km/h celui-là ? Je parie qu’il n’a pas assez de chevaux.

C.P. : Sale pauvre !

 

Y.L. : Le système antipollution vient de tomber en panne. La voiture consomme plus d’essence et pollue plus.

C.P. : Salaud.

 

C.P. : D’après mes calculs, nous avons fait un long voyage aujourd’hui.

G.L. : C’est quoi un long voyage par rapport aux années-lumières du Nuage de Magellan ?

C.P. : Je parle par rapport à vos consciences de mortels.

G.L. : Oui, Cyril.

C.P. : Il y a 78% de chances que la voiture de Yannick ait connu un incident mécanique aujourd’hui.

G.L. : Il y a 50% de chances que tu termines le voyage à pied. Parle, pour retarder l’échéance !

A.G. : Ah, il ne dit plus rien...

C.P. : Je fais un update avec le Nuage de Magellan. S’il vous plaît n’interrompez pas la liaison.
par Cyril Pasteau publié dans : Souvenir
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Dimanche 20 février 2005

C’est regarder les goutelettes ramper frénétiquement le long de la vitre de la voiture.

C’est prendre son pied à sauter de gigantesques bosses de trente centimètres de haut.

C’est faire des zigzags en tire-fesses en s’efforçant de dépasser les traces de ski existantes.

C’est se laisser glisser dans la poudreuse en écoutant la neige chuinter.

C’est chantonner en tire-fesses des fredaines de juke-box sans queue ni tête.

C’est, seul sur le télésiège, relever les numéros des pylônes qui défilent et des télésièges qui redescendent la montagne, et s’en servir comme bases pour de savants calculs.

C’est le silence de la montagne.

C’est, à l’arrêt, tracer des figures dans la neige avec son bâton de ski, comme ça et aussi pour expliquer de grandes questions physiques et mathématiques.

C’est le chocolat chaud dans le chalet, et en reprendre sans scrupules.

C’est une raclette si pantagruélique qu’elle laisse le ventre gonflé et remuant du bonheur de la satiété durant la moitié de la nuit.

C’est siroter un chianti jusqu’à minuit.

C’est trinquer avec un petit bout de chou qui comprend juste que trinquer c’est un petit geste rituel d’amitié, et qui en redemande.

C’est manger, discuter et jouer avec les amis.

C’est regarder une neige épaisse et rapide filer dans l’espace nocturne au-dessus de la voiture, comme une vision d’hyperespace.

C’est du sommeil avec plein de rêves.

par Cyril Pasteau publié dans : Souvenir
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Jeudi 3 février 2005

Je me trouve dans une pièce grise. Je suis emprisonné à une chaise et j’y suis pendu. Je sens mon souffle diminuer petit à petit (ça se passe bien, mon visage ne tourne pas au violet) jusqu’à ce que je n’expire plus du tout : je suis mort. Je me lève, j’inspire de l’air dans mes poumons vides : ça me fait mal. Puis ça va mieux, je me tourne vers mes compagnons de pendaison toujours attachés à leurs chaises (leur corps est immobilisé par d’épaisses menottes), pour les délivrer ; ils supportent mal la mort et souffrent de respirer. Pas de respiration en moi.

 

Je me sens sur le point de mourir, je me sens mourir. C’est effrayant.

par Cyril Pasteau publié dans : Souvenir
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Samedi 29 janvier 2005

P.R. : Mais c’est quoi, le subjonctif de moudre ? Que je moude ? Que je moudasse ?

C.P. : Que je moule ?

P.R. : J’arrête pas d’y penser...

O.C. : Faut pas rester comme ça, sinon on va devenir fous. (téléphone) Michaël, tu vas bien ? On a une question super importante à te poser avec Patrick. On sait pas comment conjuguer le verbe moudre au subjonctif. (...) Attends, je vais appeler mon père. (téléphone) J’ai pas réussi. Je vais peut-être réussir à joindre ma sœur...

 

O.C. : Maud, tu peux mettre le chauffage à l’arrière s’il te plaît ?

C.P. : La chaleur, c’est pour les faibles.

 

V.V. : On va faire une pause pipi dans deux minutes.

C.P. : Les pauses pipi, c’est pour les faibles.

 

O.C. : Tu écris dans le noir. Tu n’as pas besoin de lumière ?

C.P. : La lumière, c’est pour les faibles.

 

C.P. : Oh, c’est la pleine lune. (...) Grrr, grrrr, grrrrrrr ! (frénétique, attaque à coups de doigts l’épaule de Tower) Haribo... Cookies...

P.R. : T’es pas dans un jeu de rôle Cyril.

 

V.V. : Il y a des panneaux à gauche et à droite, je fais comment ?

C.P. : C’est du bluff ! Va tout droit !

M.B. appuie sur le klaxon.

V.V. : Taïaut ! Poussez-vous les lapins !

 

M.B. va acheter des cigarettes.

M.B. : C’était en train de fermer. La dame a été très gentille.

V.L. : Elle t’a reconnu à ton accent.

M.B. : J’ai pas d’accent je suis Parisienne.

V.V. : Elle t’a reconnu à ton odeur. Tu sens pas la Charentaise.

 

M.B. dans la maison.

M.B. : Tu sors, Olivier ?

C.P. : Pourquoi, tu veux aller en boîte ?

M.B. : C’est pour savoir si je peux prendre ton manteau, Olivier.

C.P. : Les manteaux, c’est pour les faibles.

O.C. : Tu as lu quoi récemment Cyril ? Nietzsche ?

par Cyril Pasteau publié dans : Souvenir
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